Une rentrée politique 2019

Une fascisation du monde ?

Trump aux USA (qui a lancé une guerre commerciale mondiale avec la Chine), Johnson au Royaume-Uni (et ses tentatives autoritaires pour accoucher du Brexit), Bolsonaro au Brésil (qui glorifie la violence et accélère la destruction de l’Amazonie), Modi en Inde (qui instaure une politique d’Apartheid vis-à-vis de l’Assam musulman et lance une réforme économique ultralibérale digne de Reagan), Israël, qui annexe de semaine en semaine de nouveaux territoires palestiniens comme les Empires colonisaient le nouveau monde au XVIe siècle, l’AfD en Allemagne qui prospère malheureusement sur les décombres de notre gauche anciennement communiste, la droite grecque la plus dure qui a repris le pouvoir à nos camarades de Syriza, sans parler de l’Italie et de l’Autriche, où la menace fasciste ou populiste est maximale, ni même la Pologne et la Hongrie, où elle est au pouvoir…

Cette vague nationaliste, populiste, post-fasciste, qui semble pouvoir emporter tout sur son passage, intervient alors que les dangers sont énormes.

Pour la planète : selon le rapport de 2018 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le réchauffement climatique atteindrait un stade catastrophique pour les écosystèmes et les humains si le seuil de 1,5 degré supplémentaire était franchi, ce qui peut être le cas dès 2030 si rien n’est fait.

Pour la vie des gens : il existe un consensus chez les économistes pour anticiper un tsunami financier mondial d’une ampleur jamais vue, plus grande que la crise de 2008, dû à la dérégulation financière, à l’endettement privé colossal (celui des entreprises) et aux bulles spéculatives entretenues par l’argent gratuit distribué par les banques centrales aux banques privées et aux plus riches. Avec à la clé des dizaines de millions de nouveaux chômeurs et de nouveaux pauvres de par le monde, et donc des dizaines de milliers de morts. Avant-hier, la Fed a injecté en catastrophe 53 milliards de dollars de liquidités dans le système financier.

Dans ce contexte dramatique, les forces de gauche sont malheureusement à la peine. En France, elles ont la plus grande difficulté, aujourd’hui, à trouver un espace politique. FI, PS et PCF ont reculé aux dernières européennes. Seuls les écologistes surnagent, mais se mettent dans l’incapacité de rassembler la gauche en choisissant le flou libéral plutôt que la clarté sociale. Dans notre pays comme malheureusement fréquemment en Europe, on assiste à un véritable décrochage des catégories populaires, qui se détournent de la gauche pour voter davantage pour l’extrême droite. Cette rétraction globale entraîne des conséquences multiples pour les organisations héritées du mouvement ouvrier : crises, divisions, reculs idéologiques et programmatiques, replis sectaires, opportunisme libéral, sabordage… Et c’est cette faiblesse structurelle qui permet à nos adversaires de classe d’accélérer leur offensive.

Faire face à la violence de Macron

C’est en effet sous le signe d’une offensive politique d’une violence inouïe que Macron place sa propre rentrée politique. D’abord en poursuivant ses attaques tous azimuts contre les services publics et les couches populaires et moyennes (exemple : nouvelle baisse des APL de 1,7 milliards, soit une perte de 1000 euros en moyenne par an pour les familles modestes). Ensuite en promettant le démantèlement rapide d’un des joyaux de notre système hérité des luttes sociales, le système des retraites par répartition, transformé en système par points au rabais, avec pour conséquence une baisse des pensions et une paupérisation accélérée de nos aînés. Enfin en rouvrant le front favori des gouvernements antisociaux : celui de la lutte contre l’immigration, pour faire des couches populaires d’origine étrangère les boucs émissaires de ses propres choix exclusivement favorables à la bourgeoisie.

De ce point de vue-là, Macron a en effet besoin de rallumer l’incendie identitaire et de faire bourgeonner le racisme parce que ses réformes ne se contentent pas d’écraser les plus faibles, elles rabaissent les droits des classes moyennes et même des cadres et professions libérales qui forment pourtant le cœur de son électorat. Exemple avec la réforme de l’assurance chômage, qui va raboter considérablement les indemnités des plus précaires mais aussi des cadres à revenus confortables. Ou encore avec la réforme des retraites, qui supprime les régimes autonomes des avocats, des personnels navigants du transport aérien, des médecins, des infirmières, des kinésithérapeutes. Rien de mieux, pour calmer la colère des gilets jaunes et la rébellion de ces travailleurs-là, que de semer la peur de l’étranger, et singulièrement du Musulman, figure démonisée qui est au XXIe siècle ce qu’était le Juif dans les années 1930-1940.

Et jour après jour, les têtes d’affiche politiques donnent le spectacle de leur corruption, Ferrand, 4e personnage de l’État, Balkany, Mélenchon, tous entonnant l’air pathétique du complot judiciaire pour se défendre des accusations qui pèsent sur eux. Quel plus beau cadeau faire à l’extrême droite ?

Le capitalisme désavoué

Que faire, alors, après ce tableau bien noir ? Garder à l’esprit nos fondamentaux révolutionnaires : « Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ». Même Macron et son ministre de l’économie Bruno Le Maire sont contraints dans leurs discours de critiquer le capitalisme et les inégalités. Qui peut croire, à l’heure où la planète brûle et où l’humanité est en danger de mort, que nous pourrons nous en sortir sans des réformes radicales qui mettent au pas la finance mondialisée, la dictature des multinationales, l’infime minorité des spéculateurs ? Et, plus près de nous, qui peut croire que la gauche française s’en sortira sans unité, et donc sans l’apport de sa fraction la plus déterminée, la plus ancienne (soyons-en fiers !) et donc la plus expérimentée, les communistes ?

Une chose est sûre, dans les luttes qui nous attendent – contre la privatisation d’Aéroports de Paris, contre la réforme des retraites, pour le climat, pour la paix et le désarmement – nous allons répondre présents. Les deux combats « nationaux » les plus faciles pour aller à la rencontre des habitants du 14e arrondissement – j’essaie de faire le lien avec les élections municipales qui auront lieu dans pile six mois – sont à mes yeux le référendum ADP et la lutte contre la réforme des retraites. Ce deuxième sujet, en particulier, a des incidences concrètes sur la vie des gens, même si elles ne sont pas immédiates. À l’occasion de la Fête de l’Huma, avec quelques camarades, nous avons obtenu un millier de signature supplémentaires pour le référendum ADP durant le weekend. Quant à la réforme des retraites, les premiers signent montrent une mobilisation très forte de la part des professions concernées par la suppression des régimes autonomes. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu le métro parisien paralysé à ce point. Un signe avant-coureur positif.

Garder Paris à gauche

J’en viens aux municipales de Paris. La campagne dans la capitale sera regardée à l’extrême. La bataille qui va s’y mener promet d’être homérique. Pour Macron, obtenir le scalp de la gauche unie parisienne est un enjeu crucial. Dans notre 14e arrondissement, arrondissement « à bascule », où la droite et la gauche ont connu des rapports de force très équilibrés, et où les macronistes ont fait une véritable razzia en 2017, l’affrontement promet d’être particulièrement intense. Des poids-lourds de la macronie comme Marlène Schiappa et Cédric Villani souhaitent s’y implanter pour nous ravir la Mairie d’Arrondissement et ainsi installer Griveaux sur le fauteuil de Maire de Paris.

Nous nous sommes dotés d’un dispositif de campagne autour de Ian Brossat, de Nicolas Bonnet, d’Hélène Bidard et de Shirley Wirden. Nous avons mis au point un projet, intitulé « Le Pari.s de l’humain et de la planète ». Il comprend des propositions fortes comme l’organisation d’un référendum pour l’interdiction d’Airbnb dans les arrondissements touristiques, la rénovation thermique de 40 000 logements sociaux et de 100 000 logements privés, le doublement des centres de santé, la gratuité des transports pour tous les jeunes de moins de 18 ans et les étudiant·e·s…

La bataille du 14e arrondissement

Il nous reviendra en novembre de choisir notre stratégie et nos candidats par un vote. Dans le 14e, notre rôle sera de cibler particulièrement les quartiers des couches moyennes et populaires, autour de la rue d’Alésia, Pernety, Plaisance, et aux portes, Porte de Vanves et Porte d’Orléans. C’est là que nous avons réalisé nos meilleurs scores – même si trop modestes – lors des législatives de 2017 et lors des européennes 2019. C’est aussi là que se trouvent les gisements de voix pour la gauche, et où une véritable bataille politique doit être menée face au Front National.

Pour conquérir les voix dans ces quartiers, nous devons faire des propositions fortes et concrètes sur les services publics (transports, santé, propreté, école, culture…), l’emploi, l’aide aux familles monoparentales, l’amélioration de la qualité de vie dans le logement social… Il nous appartiendra également de montrer les dangers extrêmes d’un basculement de la municipalité vers la droite macroniste : spéculation immobilière accélérée (n’oublions pas que Benjamin Griveaux était promoteur immobilier avant de devenir ministre), privatisation des HLM, démantèlement des services publics, muséification touristique, etc. Notre boussole : améliorer la vie de quartier, mobiliser pour les services publics, et être les meilleurs porte-voix des habitants.

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